NOTRE RAIL CISTERCIEN

Ou plutôt le chemin de fer traversant l’abbaye de Villers qui actuellement est constitué de 2 voies électrifiées assurant les transports Inter-City, omnibus et fret marchandises. Saviez-vous que le tracé existant est en réalité le 4 ième finalement réalisé et qu’un 5 ième est en gestation ?

Dominique Mommer

3/5/20263 min read

NOTRE RAIL CISTERCIEN

Ou plutôt le chemin de fer traversant l’abbaye de Villers qui actuellement est constitué de 2

voies électrifiées assurant les transports Inter-City, omnibus et fret marchandises.

Saviez-vous que le tracé existant est en réalité le 4 ième finalement réalisé et qu’un 5 ième est en

gestation ?

Un peu d’histoire : Le rail Belge débute le 5 mai 1835 avec la première ligne Malines-Bruxelles,

prémice d’un développement industriel exponentiel dans des connexions principales reliant le

port d’Anvers avec les grands bassins miniers de Charleroi et de Liège, ensuite vers le continent

européen tout entier (la petite Belgique passera à la seconde place des nations économiques

européennes !).

A l’initiative de l’ingénieur Tarte en 1843, un premier tracé rail est dessiné reliant Louvain à

Charleroi pour accroître considérablement leurs échanges commerciaux et industriels, mais

déjà à l’époque, les moyens financiers sont pauvres et privés, de sorte que la ligne se voudra la

plus économique, la plus droite et avec un minimum d’ouvrages d’arts ; ce tracé (1845) passant

par les plateaux depuis Louvain ; Hamme-Mille ; Grez ; Wavre Est ; Walhain-St paul ;

Gembloux ; Jemeppe-s-Sambre et enfin Charleroi.

On remarque l’évitement des vallées Dyle-Thyle trop sinueuses et notre entité Villersoise…

Les travaux démarrent mais suite à la crise financière de 1847 et plusieurs retards, la compagnie

concessionnaire anglaise est déchue de tous ses droits en 1849 ; s’ensuit des discussions

houleuses au parlement ou chaque député y développe son intérêt local afin qu’un maximum

d’industries locales et de villages puissent bénéficier de la future ligne à repenser.

En 1852 est constituée une nouvelle concession financée par de riches propriétaires carolos et

namurois dont un nouveau 2 ième tracé (voir croquis - passe sur la buanderie et la Thyle, entaille

le versant des 40 bonniers à l’ouest du moulin, passe sur la pharmacie, puis en viaduc entre la

porte de Bxl et l’église puis passe sur l’hôtellerie) desservira les villages et industries des vallées

Dyle-Thyle, plus sinueux mais plus rentable ; notre abbaye est coupée en deux du nord au sud

sans état d’âme et à l’indifférence quasi générale de tous, tant des villageois, des autorités, que

du clergé…

Il faut comprendre qu’à cette époque, la notion d’un patrimoine historique et culturel n’existe

pas encore dans les esprits de nos aïeuls et que de vieilles pierres et une ancienne abbaye

détruite, complètement ruinée ne suscitent aucun émoi auprès des communes de Tilly et

Villers, le clergé y est peu sensible, tout est définitivement abandonné, perdu et inutile

désormais…

Pour des raisons purement techniques et financières, un 3 ième tracé est déplacé côté Est de

l’église en frôlant le chœur abbatial sur le cimetière, passe sur la carrosserie, sur le jardin de

l’Abbé, sur l’infirmerie et la maison des novices ; enfin et toujours pour en diminuer les coûts

de terrassements et d’ouvrages d’art, le dernier 4 ième tracé et actuel est réalisé (encore déplacé

d’une vingtaine de mètres vers l’Est en coupant la grange en 2 et passant sur le jardin de

l’Abbé, la maison des novices, les bains et le cimetière) ; la ligne 140 est ouverte en 1855 sur 2

voies qui seront électrifiées dans les années 1970.

L’asbl AVB2046.be œuvre sur un futur 5 ième tracé (projet pour sauvegarder durablement l’abbaye

intra-muros pour les générations futures) de cette ligne prioritaire pour le rail européen

(dorsale fret lourd Nord-Sud entre les ports de Rotterdam et Anvers jusqu’au Nord de l’Italie) ;

le plan ferroviaire CE étant de réserver la ligne 161 Ottignies-Gembloux-Namur uniquement

pour un trafic voyageurs plus rapide et de déplacer tout le fret Nord-Sud plus lent sur « notre

ligne » dans un programme budgétaire européen sur 50 ans.

Ce futur tracé avec un tunnel de près de 1.000 m sous le bois de l’Ermitage (entre la station

d’épuration et le moulin de Chevelipont) a reçu un premier avis favorable de la Direction

Stratégique et du BE Infrabel dans ses aspects détaillés techniques et de gabarits ainsi que pour

son impact financier raisonnable pour compte de la CE dans son cadre budgétaire de plan

ferroviaire.

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Dominique Mommer – asbl « L’Abbaye de Villers en Brabant 2046 » - AVB2046.be

Sources : Françoise De Bueger-Belgian Train-SNCB-Infrabel